Qu’est-ce que le bonheur ?
Bonjour à tous, je suis Sébastien Cazaudehore et je vous retrouve sur Radio Asso 100.7 pour un nouvel épisode de notre émission « Nous sommes tous fous, alors autant en profiter pour vivre ».
Après avoir succinctement parlé de la souffrance et de ce qui cause nos souffrances lors d’une précédente émission, j’avais suggéré que nous parlions de bonheur. Un sujet bien léger s’il en est, mais qui ne s’éloigne pas tellement de notre idée de folie pour autant.
La notion de bonheur aura fait couler de l’encre au fil du temps, et ce n’est pas peu dire. C’est un poursuite, un but, un objectif qui semble parfois insaisissable. On en est même arrivé à croire (croyances ô croyances !) que le bonheur est difficile à atteindre, que c’est compliqué à trouver et à garder… pire, certains sont même trop facilement rattrapés par cette idée judéo chrétienne que les bonnes choses ne peuvent pas durer et que tout le bonheur que l’on reçoit a un prix qu’il faudra payer à un moment ou un autre.
Le plus étrange dans tout cela est que l’on croit que le bonheur est difficile à attraper et trop fugace pour être conservé, mais nous n’avons aucune difficulté à accepter que nos souffrances peuvent survenir en un claquement de doigt et durer le temps d’une existence ! Quel dommage, quelle croyance idiote et saugrenue ! Rappelez-vous ce que nous disions à propos de la souffrance, qu’elle est un choix et que nous la créons et l’invitons dans nos existences, que cela soit à partir de nos identifications, de nos attachements, de nos croyances ou de nos attentes. Alors pourquoi ne pourrait-on pas choisir le bonheur plutôt ?
D’une manière générale, c’est dû à ce que l’on appelle l’effet hypnotique du conflit. Cela entraine une attention particulière et intense du cerveau à tout ce qui ressemble à un danger ou qui nous met dans une peur quelconque. Le rôle principal du cerveau est de nous maintenir en vie, et si jamais on remarque quelque chose dans notre environnement qui puisse nuire à cette survie, que cela soit un lion ou la possibilité que l’on n’obtienne pas une promotion au travail, alors nos pensées, nos émotions, notre attention, toute notre conscience sera focalisée dessus. C’est pénible et c’est la conséquence directe de nos identifications et croyances. C’est aussi ce que l’on retrouve dans des biais cognitifs tels que l’attention à la perte ou au manque.

Le bonheur, quant à lui, réside dans la possibilité d’allouer notre attention et notre conscience à autre chose que nos problèmes, difficultés et peurs. Cela implique donc nécessairement de nous détacher mentalement de nos peurs, de nos croyances et de nos identifications, et de parvenir à focaliser notre conscience sur autre chose.
Plus facile à dire qu’à faire ? Certes, ce n’est pas faux, surtout lorsque l’on vit au quotidien et que l’on doit faire face aux difficultés inhérentes au fonctionnement de nos sociétés modernes. Cependant, il y a un moyen relativement aisé de faciliter ce processus, c’est de donner un os à ronger à notre conscience, un but vers lequel se tourner, quelque chose qui accaparera suffisamment son attention pour qu’elle se détourne facilement de ses tracas habituels.
Il faut donc concentrer notre attention et notre énergie sur ce qui nous permettra de tendre vers ce bonheur auquel on aspire. Vous l’aurez compris, mettre nos pensées et notre énergie sur ce que l’on peut avoir ou accumuler ne va pas aller dans le bon sens, encore une fois, cela qu’une dose de satisfaction temporaire et vide de sens, nous laissant d’ailleurs avec une envie toujours plus profonde de la prochaine dose, mêlée à l’insatisfaction de la précédente.
Mais alors vers quoi tourner notre conscience ? Qu’est-ce qui pourrait l’accaparer au point de la détourner de nos angoisses et de notre stress habituel ? Pour répondre à cette question, il est alors nécessaire de comprendre ce qu’est le bonheur. Vous l’imaginez bien, il y a autant de définitions que de points de vue, et le bonheur du capitaliste ne sera certainement pas le même que celui du poète, du religieux ou du philosophe. Du bonheur trop facilement perçu comme étant une absence de malheur, ou le bonheur comme n’étant qu’une idée vers laquelle on tend sans jamais parvenir à l’atteindre, on ne sait pas où donner de la tête, mais ce que l’on sait en revanche, c’est que l’on aspire à une ataraxie dans nos vies, cette tranquillité de l’âme, cette paix de l’âme résultant de la modération et de l’harmonie de l’existence.
Le calme, la sérénité, pouvoir se détacher de nos tourments et des troubles qui secouent le monde… voici une idée plaisante. Alors, et comme vous le remarquerez certainement, j’en reviens souvent à cette base fondamentale que sont les enseignements du Bouddha. Pourquoi ? Pour sa simplicité et sa profondeur, et l’absence d’implication, d’identification ou de commandements.
Très simplement, le bonheur selon le Bouddha, est la résultante du bien, ce qui implique que le sens de l’existence réside dans la poursuite du bien, dans un espace d’excellence. Suivant cette idée, le bonheur, tout comme la souffrance et le malheur, est la résultante de nos actions, de nos choix et de notre manière de penser, et donc de notre manière de construire notre réalité.
Nos vies sont la résultante de nos choix. Encore une fois, que ces choix soient conscient ou inconscients ne change rien à l’affaire. Nous avons une opportunité merveilleuse, celle de se dire que l’on peut choisir d’être heureux. Evidemment, si l’on attend que le monde et les autres finissent par répondre à nos attentes matérielles pour que l’on soit heureux, nous allons rejoindre l’immense cohorte de ceux qui attendent une vie entière sans voir le bonheur se profiler. On ne peut pas attendre le bonheur comme quelque chose venant de l’extérieur de soi. Ça ne rentre pas dans une boite ou un colis, ça n’est pas amené par quelqu’un d’autre, simplement parce que sinon, on peut nous le retirer trop facilement, il n’existe qu’en conditionnalité d’autre chose… ce n’est qu’une identification ou une croyance.
Non, le bonheur est la résultante du bien. Il est la conséquence de nos choix et de nos actions, et certainement pas de nos attentes. C’est tellement bien exprimé, mais évidemment, même si cela parait simple dit comme cela, cela demande de comprendre ce qu’est le bien pour savoir comment nous pouvons orienter nos vies vers ce but. Le bien n’est pas limité à une bonne action, le bien est absolu, il est ce qui doit nous définir en tant que personne. C’est-à-dire que l’on doit chercher à être juste dans tout : que nos pensées soient justes, que nos actions soient justes, que nos modes de vie soient justes, que notre manière de regarder le monde soit juste,… mais la justesse doit être à la fois pour nous-mêmes (c’est déjà un bon début), mais aussi pour les autres et le monde qui nous entoure. Notre conscience doit s’ouvrir au monde, dépasser les limitations de nos croyances et de nos objets mentaux, elle doit venir explorer, interroger, s’étonner et envisager ce que l’on n’avait pas pris le temps d’envisager auparavant.
On peut regarder les autres avec l’envie que génère notre impression de manquer ou de ne pas avoir assez, ou on peut décider d’être content pour eux ; on peut chercher à satisfaire nos envies naissant d’une peur d’un vide existentiel, ou on peut se demander ce dont nous avons vraiment besoin et qui va pouvoir réellement nous nourrir ; on peut considérer l’argent comme une finalité et courir après comme si on n’en n’avait jamais assez, ou on peut se rappeler qu’il n’est qu’un moyen… c’est un choix.
La poursuite du bien est la capacité à toujours chercher la bonne volition, la bonne raison qui nous pousse à agir ou à penser. Pour cela, il suffit simplement de se remettre en question, de tout remettre en question, et d’apprendre à faire les choses pour soi dans cet espace du bien et de l’excellence, c’est ce que l’on se doit à soi-même, pas moins. Faire les choses pour soi, réellement pour soi, pas égoïstement, mais dans le respect de soi, pour que cela nous permette de nous regarder dans un miroir avec une réelle satisfaction d’avoir fait du mieux que l’on pouvait et d’avoir œuvré pour quelque chose de bien.
On n’est pas bon avec les autres pour leur faire plaisir, on l’est parce que c’est qui nous sommes, parce que c’est ce que l’on se doit à nous-mêmes. Nous avons une pensée juste parce que l’on ne veut pas qu’elles soient dirigées et façonnées par nos peurs, que nous voulons un esprit apaisé. Rappelez-vous que notre état émotionnel et psychologique dépende de notre manière de regarder le monde, et que cet état émotionnel détermine comment nous regardons le monde, c’est un cercle vicieux si nous choisissons de ne regarder que ce qui est gris, ce qui nous fait peur ou qui répond à nos incomplétudes, mais c’est aussi un cercle vertueux à l’instant où nous choisissons de regarder tout le reste.
Arrêtez de vous plaindre de ce que les autres font ou ne font pas, vous ne feriez que contribuer à ce qui vous pose problème ; et n’imaginez pas que vous sauriez faire mieux et que vous devriez les éduquez dans ce sens. Soyez, devenez le changement que vous voulez voir dans le monde, simplement en focalisant votre conscience, vos pensées, votre émotionnel sur la personne que vous voudriez trouver dans le monde, sur cette meilleure version de vous-mêmes possible. Vous ne le faites pas pour les autres, vous le faites pour vous-mêmes, parce que vous le valez bien, parce que c’est ce que vous vous devez à vous-mêmes. Alors n’attendez pas que le changement vienne des autres ou du monde, vous êtes la seule chose qui puisse changer, et si vous changez, votre regard sur le monde changera naturellement, et donc le monde changera. C’est aussi simple que cela, ce que vous voyez du monde est le reflet de la personne que vous êtes.
Alors faites aux autres et au monde ce que vous voudriez que l’on vous fasse, soyez la personne que vous aimeriez rencontrer, soyez dans la poursuite du bien dans un espace d’excellence… soyez heureux.
C’était Sébastien Cazaudehore pour Radio Asso 100.7
Je vous rappelle que vous pourrez retrouver cette émission en replay sur le site de Radio Asso, ainsi que la retranscription intégrale du texte pour tous les auditeurs qui seraient plus visuels. Si d’ailleurs vous désirez approfondir la question, je peux vous renvoyer à mes différents livres qui traient de ces sujets.
En attendant de vous retrouver pour une prochaine émission, je vous dis à bientôt et vous souhaite d’embrasser pleinement votre folie pour qu’elle vienne libérer vos esprits et éclairer vos vies.






















