Amour et luxure, gérer notre folie au quotidien

Avez-vous déjà réalisé le fait que nous sommes tous fous ? Que nous sommes tous habités par un désordre psychologique plus ou moins important et qui affecte nos vies et nos comportements de manière plus ou moins profonde ? Vraiment, la question n’est pas de savoir si nous sommes fous ou pas, mais de savoir à quel point, il n’y a que trop peu de personnes faisant exception pour que cela vaille la peine de tempérer cette affirmation. En réalité, ce qui nous permet généralement de déterminer si une personne souffre d’une maladie mentale (névrose, psychose,…), c’est lorsqu’elle n’arrive plus à donner l’illusion qu’elle est saine et équilibrée. Au quotidien, nous ne faisons que gérer notre folie personnelle de la manière la plus appropriée possible, et nous ne commençons à nous préoccuper de notre santé mentale que lorsque nous n’arrivons plus à gérer notre part de folie.

Même la plupart des psychologues, psychiatres ou psychothérapeutes ne font qu’accompagner leurs patients pour réussir à gérer cette folie et retrouver un moyen d’être à nouveau fonctionnel, on ne cherche pas à guérir une personne de sa folie, ça serait impossible d’une certaine manière, celle-ci étant une tendance faisant partie même de l’identité de la personne. Alors nous vivons, gérons, entretenons, cachons, dissimulons nos folies respectives afin de donner la meilleure illusion d’équilibre possible, que cela soit aux autres ou à nous-mêmes. Il faut être fou pour s’imposer des limitations qui existeront comme des chaines dans nos vies, de créer des croyances tellement limitantes que l’on ne sait même plus comment agir lorsqu’on s’en approche, de s’imposer des contraintes du fait de conclusions idiotes et abscons que l’on a tiré suite à une expérience de vie un peu plus difficile que les autres. Et pourtant, c’est ce que l’on fait tout au long de nos vies, chargeant à chaque fois un peu plus ce fardeau d’énergie nerveuse que l’on devra supporter et gérer ensuite… jusqu’à ce qu’on ne parvienne plus à le porter.

La folie est un débordement de l’égo, c’est ce qui se manifestera lorsqu’on lui donne trop d’importance et trop de pouvoir. La folie est un jeu de pouvoir entre l’égo et la réalité du monde que l’on perçoit au travers de cet égo (cf L’apologie de la mort). La manière habituelle de gérer notre folie est de la cacher pour qu’elle ne se voit pas et qu’on la sente le moins possible. Cela demande une énergie incroyable simplement pour réussir à tromper les autres autour et qu’ils pensent que l’on est sain et équilibré, mais cela va faire d’autant plus de dégâts de la laisser grandir en soi. Il existe bien évidemment d’autres solutions pour permettre de dissoudre cette énergie nerveuse qui s’accumule, la plus efficace étant de transcender cette folie, c’est ce qui permet de devenir réellement méditatif. Attention, chercher l’apaisement dans la méditation n’est pas une solution en soi, cela permet d’entrer brièvement dans l’œil du cyclone de notre tempête nerveuse et mentale avant d’y replonger aussitôt la méditation terminée. Cela n’est pas un moyen d’atteindre la paix intérieure. Si vous êtes perturbé et que vous méditez pour atteindre le calme, c’est simplement une pause dans la folie, et la perturbation pourra parfois même revenir encore plus fort qu’avant. La paix existe lorsqu’il n’y a plus ni paix, ni conflit. Il faut éclater entièrement son être en morceaux pour se reconstruire hors de cette polarité (les notions de polarités sont largement développées dans mon livre « Les tribulations d’un inconscient incompris« ). La paix et le calme ne peuvent pas exister sans la perturbation et le conflit.

amour et luxure, la folie au quotidien

Une autre solution couramment utilisée est celle de l’exutoire. D’une manière générale, l’activité physique est une manière de dissiper une grande partie de cette énergie nerveuse qui s’accumule au fil du temps. Dans nos sociétés, nous en sommes réduits à une activité physique très faible, voire inexistante, et cela permet à cette névrose et à cette folie de s’accumuler peu à peu et de devenir de plus en plus difficiles à gérer de manière fonctionnelle et relativement confortable. L’exutoire est un moyen de dissiper artificiellement (dans le sens d’un artifice) une partie de cette énergie. Il faudra alors trouver ces exutoires, et c’est aussi à cela que servent les stades, les bars, les discothèques,… à gérer notre folie pour qu’elle ne déborde pas vers quelque chose d’ingérable. Ça permet de tenir le reste de la semaine. Le problème avec cette méthode, et la raison pour laquelle nous la qualifions d’artifice, c’est qu’elle existe dans un espace qui vient malgré tout consolider notre folie.

Si l’on fait quelque chose par plaisir, par amour de cette chose, on sera dans un espace méditatif, sinon, on sera dans un espace thérapeutique. Ca serait comme danser par amour de la danse ou pour évacuer son stress et ses énergies accumulées, certes c’est probablement une bonne thérapie, mais c’est quelque chose que l’on fera malgré tout dans la compulsion, dans la survie. Ce n’est plus de l’amour, c’est de la luxure. La différence fondamentale entre l’amour et la luxure, entre faire les choses dans l’amour ou la luxure, est la notion de besoin fort. L’amour n’est pas un besoin dans le sens où il ne crée pas d’attachement ou d’identification de l’égo, tandis que la luxure est un besoin et une compulsion. Je ne parle pas simplement de luxure dans la dimension sexuelles dans laquelle on la conçoit généralement, mais dans tous les aspects de la vie d’une personne. Dans ce contexte, la luxure est la réponse à la folie qui devient trop envahissante. Lorsque la folie s’installe et prend de plus en plus de place dans nos vies, nous existons dans la survie et il n’y a plus de place pour l’amour, seulement cette luxure qui nous permettra de déverser cette folie dans nos actions pour ne pas devenir fou. Cette compulsion de l’action sera dirigée aussi bien vers le sexe, la nourriture, une activité que l’on pratiquera, un hobby, ou même le travail, c’est tout ce dans quoi nous allons nous perdre pour échapper à la souffrance occasionnée par l’accumulation de cette énergie nerveuse, de cette psychose qui nous étreint.

Alors on fait, on agit ou on travaille. Non pas parce que cela nous permet de créer et de nous exprimer, d’être, mais parce qu’on doit, que c’est le seul moyen de ne pas nous retrouver face à nous-mêmes et à notre propre folie. Nous faisons tout pour oublier cette part de souffrance, et surtout pour que les autres ne la remarquent pas, et c’est le principe même du divertissement, de permettre cette diversion de la manière la plus efficace qui soit. L’Homme parfaitement sain d’esprit n’a pas besoin de divertissement, il peut simplement regarder l’herbe pousser ou l’eau de la rivière s’écouler sans que cela ne lui renvoie de souffrance ou d’inconfort. C’est dans ce principe que se trouve la véritable solution est dans la transcendance de la folie et de ses excès. Plus facile à dire qu’à faire ? Pas nécessairement, on peut au moins obtenir un succès intéressant sans trop de difficulté, mais cela demandera évidemment de quitter le contexte de vie dans lequel on est, ou en tout cas le paradigme de réalité que l’on s’est construit. Dans notre environnement habituel, notre égo a toutes ses habitudes et ses points de repère, nous entrainant de manière compulsive vers des comportements en apparence anodins, mais qui existent dans l’univers de notre folie, qui existent dans la survie. Il faut trouver un environnement et un entourage qui permettra d’ignorer totalement notre folie, de ne plus lui donner d’importance, c’est ce qui donne une chance à l’esprit de se calmer et de quitter ses excès et ses débordements, de ne plus être dans cette lutte de pouvoir.

La véritable transcendance se trouve dans le lien même à la folie, lorsque l’on vit cette folie sans artifice, sans détour et sans échappatoire. On ne chercher pas la paix intérieure ou la sérénité, on ne cherche pas l’évitement ou la lutte, mais on avance dans cette folie pour lui permettre de s’exprimer à son plein potentiel, dans l’amour de ce qu’elle est pour nous. On devient tellement fou en exprimant cette part de nous-mêmes, qu’on lui permet de se déconstruire et que l’on devient sain. C’est ce qu’une vraie spiritualité peut permettre à cette part de nous de s’exprimer pleinement. Notre folie n’est problématique que parce qu’on essaye de la cacher au monde et à nous-mêmes, la nourrissant d’une énergie de rejet, de honte ou de peur. Lorsque l’on transcende une de nos croyances, l’un de nos attachements ou identifications, nous ne les cachons plus, nous les libérons des liens de causalités qui leur permettaient de nous plonger dans la survie et de contrôler certains de nos comportements et émotions. Certes, ce n’est pas quelque chose que l’on est habitué à faire, et cela demandera parfois une aide extérieure, mais c’est en tout cas beaucoup moins énergivore et beaucoup moins pénible que cette gestion que l’on essaye de maintenir au quotidien.

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