Ma méthode d’écriture

J’imagine aisément qu’il existe autant de méthodes d’écriture qu’il y a d’écrivains. Je ne vais donc venir qu’apporter une façon de faire de plus, une approche de plus. Peut-être que certains se retrouveront dans cette manière de faire, d’autres pas. J’ai conscience que cette méthode est peut-être particulière, mais elle fonctionne pour moi, alors j’ai décidé de la partager. Mon principal avantage finalement, est de ne jamais avoir eu de crise de la page blanche, ce qui est certainement appréciable compte tenu de l’angoisse que cela semble représenter chez certaines personnes.

Evidemment, mon approche sera quelque peu différente selon que je m’attèle à l’écriture d’un roman ou d’un essai, mais pas tant qu’on pourrait l’imaginer. Tout commence bien sûr par une période de recherches d’informations. Je lis, je fouille internet, je compile les informations, je confronte et je compare, et je commence surtout déjà à projeter. Mon objectif à l’issu de cette période de recherches qui pourra durer jusqu’à trois ou quatre semaines, est d’avoir un plan au moins succinct en tête. J’ai besoin d’avoir un début de structure. Dans l’idéal, j’ai pu commencer la première ligne d’un livre avec 80% de sa structure de déjà établie.

L’intérêt de faire ce travail en amont est de pouvoir visualiser le livre avant même d’avoir écrit un mot, de pouvoir se projeter dans ce qu’il y aura à dire, ce qui peut être amené au début ou plus tard, de comment les informations ou l’histoire va se dérouler. Cela ne veut évidemment pas dire que cette structure sera fixe et immuable, des blocs vont se déplacer, d’autres vont apparaitre ou même se fusionner avec d’autres, mais c’est un base de travail solide. Lorsque je fais ce travail pour un roman, la structure est beaucoup plus légère, je me base plutôt sur les informations à disposition, mais elle est là malgré tout, comme un fil d’Ariane plus ou moins tangible.

Une fois ce travail terminé, j’ai une idée plus ou moins claire de ce à quoi le livre devra ressembler, au moins dans les grandes lignes. Vient ensuite la période d’écriture en elle-même. Alors là, c’est très simple. La raison pour laquelle je n’ai jamais eu de syndrome de la page blanche tient au fait que je ne me soucie pas de ce que je vais écrire, je commence à écrire tout simplement. Je pose une phrase comme je poserait un acte et j’avance. Je dirais qu’une fois sur trois, il me faudra complètement refaire le début, ou en tout cas le remanier en en grande partie parce que c’est n’importe quoi. Mais c’est quelque chose que je sais et qui ne me gêne pas du tout. C’est d’autant plus agréable lorsque j’ai une bonne surprise en découvrant un début cohérent et ne requérant pas de travaux majeurs.

Lorsque je mentionne le fait de « découvrir » ce que j’ai écrit, c’est parce que je ne relis pas une ligne avant d’être arrivé à la fin. D’accord, j’exagère un petit peu, mais vraiment à peine. Quand je suis dans une phase d’écriture, je le fais uniquement en me basant sur la structure qui a été préétablie et qui évolue au fur et à mesure des pages. Mais je continue de taper au kilomètre, sans m’arrêter et seulement avec de rares coups d’œil en arrière lorsque j’ai un doute sur le fait d’avoir ou non abordé tel ou tel point. La principale problématique liée à cette manière de travailler tient au fait que puisque je dois me baser sur ma mémoire pour garder le fil de l’histoire ou des idées (selon qu’il s’agisse d’un roman ou d’un essai), je dois faire ce travail d’écriture en une seule fois, sans discontinuer. Cela veut dire que je vais écrire pendant une, deux ou trois semaines (ce sont les temps que j’ai passé selon les différents ouvrages aux diverses phases d’écriture), sans discontinuer, du matin jusqu’au soir, sans rien faire d’autre.

C’est une méthode qui fonctionne pour moi. Mon épouse (auteure elle aussi) ayant tendance à aussi partager cette manière de faire, cela reste compatible avec nos rythmes, l’un et l’autre sachant que durant une phase d’écriture nous allons être un peu difficile d’accès, totalement accaparés par nos idées et le fil de nos pensées. Viendra ensuite la période avec laquelle j’ai le plus de mal : la correction. C’est laborieux, souvent ennuyeux, mais nécessaire évidemment. Depuis quelques temps, j’utilise systématiquement mon Remarkable pour faire ce travail. J’exporte le texte en PDF, je fais les corrections au crayon électronique, je réexporte le tout vers l’ordinateur et je fais les corrections en direct. Le fait de faire la relecture et les corrections à la main est un bon moyen pour moi de couper de l’ordinateur et de prendre de la distance avec le texte. Passé le premier tour de corrections, je vais mettre le livre de côté pendant un certain temps, parfois deux ou trois mois, avant de revenir dessus et de faire une relecture à froid. Viendra ensuite la relecture avec l’éditeur, mais celle-ci est alors généralement très rapide.

Voilà, c’est ainsi que je procède lorsque j’écris un livre. A ce jour, j’ai écrit 12 livres et 2 formations, toujours avec la même manière de procéder. Je ne sais pas dans quelle mesure elle pourra correspondre à d’autres personnes, mais c’est pour moi quelque chose de fonctionnel et efficace.

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